28 Luglio, 2016

L’ Atto di Mediazione di Napoleone

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Atto di Mediazione di Napoleone – 19 Febbraio 1803

Bonaparte, premier Consul de la République, Président de la République italienne, aux Suisses.

L’Helvétie, en proie aux dissensions, était menacée de dissolution : elle ne pouvait trouver en elle-même les moyens de se reconstituer. L’ancienne affection de la nation française pour ce peuple recommandable, qu’elle a récemment défendu par ses armes et fait reconnaître comme puissance par ses traités; l’intérêt de la France et de la République italienne, dont la Suisse couvre les frontières; la demande du sénat, celle des cantons démocratiques, le voeu du peuple helvétique tout entier, nous ont fait un devoir d’interposer notre médiation entre les partis qui le divisent. Les sénateurs Barthélemy, Roederer, Fouché et Desmeunier ont été par nous chargés de conférer avec cinquante-six députés du sénat helvétique, et des villes et cantons, réunis à Paris. Déterminer si la Suisse, constituée fédérale par la nature, pouvait être retenue sous un gouvernement central autrement que par la force ; reconnaître le genre de constitution qui était le plus conforme au voeu de chaque canton ; distinguer ce qui répond le mieux aux idées que les cantons nouveaux se sont faites de la liberté et du bonheur ; concilier dans les cantons anciens les institutions consacrées par le temps avec les droits restitués à la masse des citoyens : tels étaient les objets qu’il fallait soumettre à l’examen et à la discussion. (…) Ayant ainsi employé tous les moyens de connaître les intérêts et la volonté des Suisses, nous, en qualité de médiateur, sans autre vue que celle du bonheur des peuples sur les intérêts desquels nous avions à prononcer, et sans entendre nuire à l’indépendance de la Suisse, statuons ce qui suit :

Art. 1.- Les dix-neuf cantons de la Suisse, savoir : Appenzell, Argovie, Bâle, Berne, Fribourg, Glaris, Grisons, Lucerne, St-Gall, Schaffhouse, Schwytz, Soleure, Tessin, Thurgovie, Unterwald, Uri, Vaud, Zoug et Zurich, sont confédérés entre eux, conformément aux principes établis dans leurs constitutions respectives. Ils se garantissent réciproquement leur constitution, leur territoire, leur liberté et leur indépendance, soit contre les puissances étrangères, soit contre l’usurpation d’un canton ou d’une faction particulière. (…)

Art. 25.- Chaque canton envoie à la Diète un député, auquel on peut adjoindre un ou deux conseils, qui le remplacent en cas d’absence ou de maladie.

Art.26.- Les députés à la Diète ont des instructions et des pouvoirs limités, et ils ne votent pas contre leurs instructions. (…)

Art.40.- Le présent acte ainsi que les constitutions des dix-neuf cantons abrogent toutes les dispositions antérieures qui y seraient contraires ; aucun droit, en ce qui concerne le régime intérieur des cantons et leur rapport entre eux, ne peut être fondé sur l’ancien état politique de la Suisse.
Le repos de la Suisse, le succès des nouvelles institutions qu’il s’agit de former, demandent que les opérations nécessaires pour les faire succéder à l’ordre de choses qui finit, et pour transmettre à de nouvelles magistratures le soin du bonheur du peuple soient garanties de l’influence des passions, exemptes de tout ce qui pourrait les animer et les mettre aux prises, exécutées avec modération, impartialité, sagesse. On ne peut espérer une marche convenable que de commissaires nommés par l’Acte de médiation même et animés de l’esprit qui l’a dicté.
Par ces considérations, nous, en notre dite qualité, et avec la réserve précédemment exprimée, statuons ce qui suit :
Art. 1.- Pour l’an 1803, le canton directeur est Fribourg. (…)
Art.10.- Le 15 avril, la constitution sera en activité : pour le 1er juin, chaque canton aura nommé ses députés à la Diète et rédigé leurs instructions ; et le premier lundi de juillet de la présente année, la Diète se réunira. (…)
Le présent Acte, résultat de longues conférences entre les esprits sages et amis du bien, nous a paru contenir les dispositions les plus propres à assurer la pacification et le bonheur des Suisses.
Aussitôt qu’elles seront exécutées, les troupes françaises seront retirées.
Nous reconnaissons l’Helvétie, constituée conformément au présent Acte, comme puissance indépendante.
Nous garantissons la constitution fédérale et celle de chaque canton contre les ennemis de la tranquillité de l’Helvétie, quels qu’ils puissent être; et nous promettons de continuer les relations de bienveillance qui, depuis plusieurs siècles, ont uni les deux nations.

Une médiation génitrice d’une Suisse moderne
Afin d’accomplir son rôle de médiateur, Bonaparte, en 1802, demande que des représentants du gouvernement helvétique, des cantons et des communes viennent à Paris pour consultation.

C’est au général Ney, devenu ministre plénipotentiaire de la République française auprès du gouvernement helvétique, qu’incombe le choix d’une soixantaine d’hommes compétents et modérés qui composeront cette consultation. En outre, tout citoyen helvète peut faire connaître son avis par écrit. En majorité, les fédéralistes refusent cette invitation ; ils craignent d’être placés devant un fait accompli, le Premier consul français se faisant reconnaître comme Président de la République helvétique, à l’exemple de la République italienne. Seuls une vingtaine d’entre eux iront dans la capitale française.

Quatre sénateurs français de haut vol assistent Bonaparte; ils seront la courroie de transmission. Ce sont François Barthélemy, ancien ambassadeur de France en Suisse; Jean Nicolas Demeunier qui, dans 1’ «Encyclopédie méthodique », a décrit les Etats du Corps helvétique sous l’Ancien Régime; Louis Roederer, un célèbre juriste du Consulat, et Joseph Fouché, l’ancien ministre de la police qui quadrilla la France et ses satellites d’un efficace réseau d’indicateurs.

La Consulta est informée, le 10 décembre 1802, des options constitutionnelles choisies par le Premier consul. Il dit entre autres:

«La nature a fait votre Etat fédératif.

Vouloir la vaincre ne peut être d’un homme sage.

Les circonstances, l’esprit des siècles passés, avaient établi chez vous des peuples souverains et des peuples sujets. De nouvelles circonstances et l’esprit différent d’un nouveau siècle, plus d’accord avec la raison, ont rétabli 1 ‘égalité de droits entre toutes les portions de votre territoire.

Plusieurs de vos Etats ont suivi pendant des siècles les lois de la démocratie la plus absolue,~ d’autres ont vu quelques familles s ‘emparer du pouvoir,(…)

Ce qui est en même temps le désir, 1 ‘intérêt de votre Nation et des vastes Etats qui vous environnent, est donc:

L ‘égalité de droits entre vos dix-huit Cantons;

Une renonciation sincère et volontaire aux privilèges, de la part des familles patriciennes;

Une organisation fédérative, où chaque Canton se trouve organisé suivant sa langue, sa religion, ses moeurs, son intérêt et son opinion.

La chose la plus importante, c ‘est de fixer l’organisation de chacun de vos dix-huit Cantons.

L ‘organisation des dix-huit Cantons une fois arrêtée, il restera à déterminer les relations qu ‘ils devront avoir entre eux; et dès lors votre organisation centrale, beaucoup moins importante en réalité que votre organisation cantonale. (…) Situé au sommet des chaînes de montagnes qui séparent la France, l’Allemagne et l’Italie, vous participez à la fois de l’esprit de ces différentes Nations.

La neutralité de votre pays, la prospérité de votre commerce et une administration de famille sont les seules choses qui puissent agréer à votre peuple et vous maintenir.»


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